Un jour


Un jour le miel ne sera pas coulé dans le café. Je serais seule... et j'en pleurerais.Un jour, j'aurais cette liberté et je ne l'apprécierais pas.Un jour je pourrais boire à volonté... et je ne le ferais jamais.
Je me promenerais sous les étoiles. J'offrirai mon visage à la lune et le vent -comme à son habitude- fera couler mes yeux embués.
Un jour, du haut de mon crénaeu, je te serrerai la main à toi, sans doutes le plus beau. Et moi, bien moins belle qu'une sauterelle, je soufflerais pour te faire t'envoler... vers le clocher de l'église tu apparaîtrais. Tu ne me prometterais rien. Et ce serait très bien. Tu voudrais parler mais je t'en empêcherais : je mettrais mon doigt sur tes lèvres et tu te tairais... comme tu l'a toujours fait. J'apprivoiserais la douve qui me fait tant peur, et sur le pont levis de mes envies, je m'envolerais. Le vent plogerais à mes côtés, le froid m'envelopperais les yeux qui se mettraient en réalité à couler. Il n'y a pas d'impact, mon élément est l'air : je suis l'air. Car alors j'accompagne toutes les particules qui m'ont si souvent accompagnées alors que j'attenais le chevalier du clocher.
Ne voyez pas ici le pessimisme d'une vie mais plutôt l'attente qui l'a animée. La lassitude de s'être lassée aura emportée l'ennui de l'ennui.

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